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Le début de la fin

Le début de la fin - Frank Roberts

Depuis que ma blonde est devenue une agente de services frontaliers, tout a changé dans notre vie de couple. Nos soirées avec les amis, nos tête-à-tête, nos rêves. Des fois, je me demande s’ils ne lui ont pas lavé le cerveau. Elle n’est plus la même personne dont je suis tombé amoureux, il y a six ans. Elle est complètement changée. Et je suis convaincu que tous ces changements sont dus à ce qu’on les enseigne durant la période d’apprentissage initiale.

Ma blonde, n’est plus ma blonde. Une des journées précédentes, elle m’a dit sur un ton irrité de ne pas l’appeler ainsi. Elle n’a jamais été vexée par ce terme depuis les six ans qu’on est ensemble. Tout d’un coup, après le cours offert par l’agence, elle trouve ce terme offensant.

De plus, je trouve qu’il est devenu de plus en plus difficile de lui parler, sans tomber dans une controverse. Il me semble qu’elle se prend un peu trop au sérieux. Même nos sujets de conversation ont changé depuis qu’elle travaille là. Tout ce que j’entends est relié, soit à la gestion du patrimoine, soit à la lutte menée contre la traite de personnes, et le terrorisme international. Une soirée chez nous, est aussi informative qu’un cours à l’université.

Je m’ennuie des soirées où on s’amusait avec nos amis en jouant aux cartes. Je m’ennuie aussi les moments où elle était elle-même, quand elle ne devait pas afficher un faux sourire, et quand elle pouvait rire aux éclats après quelques verres, sans s’inquiéter de qui était présent, et de qui pouvait la voir en dehors du service.

Ce que je trouve ironique, c’est le fait que je l’ai encouragé à poursuivre cet emploi. Jamais dans ma vie de couple, je n’ai cru qu’elle allait se transformer en une telle femme. Tous nos amis ont remarqué ses changements, et tous ont dit que sa soif de pouvoir va devenir insatiable.

Je n’ai pas voulu les écouter, et par conséquent, j’ai montré la porte à tous ceux qui l’ont critiquée. Pourtant, chaque fois que j’ai fait cela, dans mon cœur, je savais qu’il y avait un grain de vérité dans leurs paroles. Mais je n’étais pas prêt à admettre cela. Ni à moi-même, ni à personne d’autre. Probablement, parce que je craignais une séparation. J’avais peur de la perdre. Et cette peur m’empêchait de voir que je n’étais plus aussi heureux, que les choses allaient de mal en pis.

À propos de l’auteur :

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