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Myrtille

Myrtille - Frank Roberts

Sans le chat de ma voisine, qui m’a entraînée vers le fond de la cour, je n’aurais jamais trouvé ce chaton. Dandy, un mâle noir et blanc, a l’habitude de venir sur mon terrain pour se prélasser au soleil. Il a, pourtant, un espace tout aussi grand chez lui, mais il préfère ma pelouse, pour s’allonger, et mes arbustes, à escalader. Il est très gentil, et il réclame son lot de caresses, chaque jour. Quand Léa part en déplacement, ce qui lui arrive souvent, je m’occupe du félin. J’apprécie son indépendance, et il aime que je le laisse tranquille. Ce jour-là, un matin du mois de juin, le soleil brillait et j’avais prévu un nettoyage de mes massifs. La pluie et le beau temps s’étaient succédé pendant tout le printemps. Les mauvaises comme les bonnes plantes, tout avait poussé. Je devais me dépêcher d’enlever les herbes envahissantes.

Alors que je m’apprêtais à sortir, pour mener à bien la tâche que je m’étais fixée, un appel me parvint de ma sœur. Elle voulait me rendre visite après son rendez-vous avec un professionnel de la décontamination moisissure Blainville. Elle pensait être là en fin de matinée. Elle apportait quelques pâtisseries, qu’elle achèterait avant de venir. Je lui ai recommandé une adresse où j’étais sûre qu’elle aurait les gâteaux les meilleurs de toute la ville. J’avais raccroché quand j’entendis Dandy miauler. Je suis allée voir où il était, en craignant qu’il soit, encore une fois, coincé en haut d’un arbre. Il aime grimper très haut, mais quand il doit redescendre, il est impressionné par le vide. Dans ce cas, il appelle en attendant que j’apporte mon échelle, et que je vienne le chercher.

Le chat se tenait au milieu du gazon, assis. Dès que je me suis approchée de lui, il me tourna le dos, tout en poursuivant son miaulement, et il m’a emmené vers un buisson. Là, je vis une toute petite boule de poil, entièrement blanche, qui dormait profondément. J’ai regardé, attendrie, le fragile chaton. Il s’éveilla bientôt et il se mit à pousser des cris affamés. Je l’ai pris dans mes mains et je l’ai emmené chez moi, pour lui donner à boire et à manger. Un chandail en laine, troué, lui fit une couverture, sur laquelle il se mit en boule, tout en ronronnant. Je lui ai trouvé un nom, Myrtille, après avoir cherché ses propriétaires, sans les avoir trouvés.

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