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Une mère parfois, si ingrate !

Une mère parfois, si ingrate ! - Frank Roberts

Ma sœur voulait avoir un traitement des varices au laser. Elle en a discuté avec ma mère. Je n’ai jamais vu cette dernière éclater de colère de la sorte. Nous étions tous là pour souper avec eux. Elle est en dernière année de son bac, ce qui explique la réaction exagérée de ma mère à la petite nouvelle insignifiante de ma sœur : elle considère que si on est étudiant, il ne faut absolument jamais, mais jamais dépenser pour autre chose que le toit, les frais de scolarité, et la nourriture. Même une bière, une fois de temps à autre, est carrément interdit, selon la chef de famille. Comme si c’était un crime de faire ça !

Mon père passe son temps à la traiter de « CDS », ce qui signifie « Chief of Defense Staff ». C’est le titre officiel du général le plus haut classé des forces armées canadiennes, c’est-à-dire, celui qui est directement sous le Ministre de la défense. C’est lui, donc, qui est le dirigeant de la défense du pays au complet. Ça en dit long sur la relation de couple que mes parents vivent depuis leur mariage.

Mais, ce qui est le plus atroce de cette histoire, c’est que la mère (remarquez que je n’ai pas utilisé l’article possessif adéquat pour la première personne du singulier, signifiant mon détachement face à son statut de matriarche) pense toujours que c’est l’argent qui doit passer en premier, et ce,  dans toutes les situations de la vie. Je n’ai jamais vu d’exception à cette règle. L’argent était tout pour elle, et passait même avant l’amour, le bonheur, la santé et même la famille. Ça, par contre, c’est sa deuxième règle, la famille passe avant n’importe qui d’autre, peu importe le besoin de l’autre. Si j’ai une amie qui se fait attaquer un soir (par exemple, s’il y en a une qui se fait voler sa sacoche) et que maman décide qu’on doit célébrer l’Action de grâce ensemble, pour elle, mon amie prend le bord. La détresse psychologique n’est pas importante pour la femme qui m’a élevé. 

Ensuite, c’est plus important de gagner de l’argent, que de prendre soin d’un enfant malade. Je me rappelle la fois où j’avais une vilaine grippe, et que j’avais supplié mes parents de me laisser rester à la maison. Comme d’habitude, mon père s’est tu. Ma mère est restée, mais elle m’a forcé de faire du ménage pour m’enseigner une leçon : mieux vaut aller à l’école quand on est malade, que de nettoyer le rideau de douche à la main !

À propos de l’auteur :

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